Scribe, écrivain public, ghost writer

Et si nous nous intéressions au métier de « nègre » littéraire ? Les exemples célèbres sont nombreux : que dire des œuvres d’Homère ? De celles d’Alexandre Dumas ? Le doute subsiste encore pour Shakespeare ! Métier vieux comme le monde, ce statut est souvent controversé et mérite que l’on s’y attarde un instant, ne serait-ce que par curiosité pour ce métier si méconnu et souvent oublié.

Tout d’abord : qu’est-ce qu’un « nègre » littéraire ? Identité souvent plurielle, ambiguë, statut volontairement flou, le métier de « nègre » se défini principalement comme l’auteur anonyme d’un texte signé par une autre personne, souvent célèbre, du moins reconnue.

Le statut de « nègre » littéraire a en effet beaucoup évolué, parmi différentes fonctions et sa reconnaissance.

La plus vieille occurrence serait le terme de « scribe » dans l’Antiquité, en Egypte et dans la Rome antique. Le rôle du scribe était en effet de prendre en note les paroles du pharaon ou de l’Empereur et de rédiger les textes officiels. À cette époque, être scribe était un grand privilège, peu de personne maîtrisait alors l’art de la lecture et de l’écriture.

Plus tard, c’est le terme « d’écrivain public » qui prend la relève. Ceux-ci étaient spécialisés dans la rédaction de courriers personnels ou officiels, et remplaçait la main, la plume de celui qui ne savait pas écrire. La parole d’un individu prenait forme sous ses doigts, tandis que l’écrivain public s’effaçait au profit de cette identité.

Cependant, il est important d’apporter une nuance essentielle entre ces différents statuts et celui de « nègre » littéraire. Comme l’indique leur nom, les « nègres » littéraires ne composent pas de papiers officiels, mais bien des œuvres littéraires, destinées à être lues et reconnues par le public. Sorte d’écrivains fantômes (ils sont après tout désignés par le terme de « ghost writer » en anglais), ils s’effacent au profit du texte qu’ils ont produit, laissant la place à l’anonymat ou à la figure d’un autre, assumant le texte avec sa propre voix.

 

Nègre littéraire, un sujet tabou ?

Bien que ce métier soit connu de tous, le « nègre » littéraire reste un sujet tabou. Cela est notamment lié à l’étymologie même du terme qui rappelle, par le terme de « nègre », (pudiquement mis entre guillemets) la sombre période de l’esclavagisme du XVIIIe siècle. C’est en référence à ce statut servile, sans aucune reconnaissance, que découle l’expression raciste de « nègre » littéraire, le commanditaire s’attribuant tout le mérite et le profit d’un travail qu’il n’a pas effectué lui-même. Vu sous ce jour, le métier même de « nègre » littéraire apparaît comme profondément injuste et presque anachronique, comme venu d’un autre temps.

 

Devenir « prête-plume »

Il est cependant intéressant de se pencher sur les autres termes qui permettent de désigner ce métier qui, eux, sont porteurs d’un tout autre sens, et qui rendent justice au travail rendu et n’assument pas de connotation négative. Si nous avons déjà évoqué l’expression « d’écrivain fantôme », il existe une autre acception, plus poétique, qui insuffle une nouvelle inspiration à ce statut controversé. Il s’agit du terme de « prête-plume ». Cette expression date du XVe siècle, et, même si elle s’est perdue au profit de « nègre » littéraire, elle revient aujourd’hui à la mode, retrouvant son sens premier et évacuant l’idée d’exploitation au profit d’une forme de collaboration égale entre les deux auteurs de l’œuvre.

Comment alors ne pas faire le lien entre l’expression de « prête-plume » et celle que nous représentons, « porte-plume » ? Il semblerait ainsi que nos ambitions soient similaires, bien loin de l’expression de « nègre » littéraire, bien plus sincères et reconnaissantes. Plus qu’un fardeau ou une force de l’ombre, Porte-plume est un soutien, une aide dans l’écriture, qui pose un regard bienveillant mais aussi discret et respectueux sur les histoires que nous racontons. Nous préférons désigner toutes ces personnes qui écrivent comme des « rédacteurs » ou des « prête-plumes » parfois même comme des « plumes », tout simplement. Nos projets diffèrent en effet de ceux des grands écrivains célèbres qui ont pu avoir recours aux « nègres » littéraires.

 

Une plume, deux voix

Il s’agit pour nous d’aider et d’accompagner des récits de vie, des écritures personnelles, et souvent touchantes, dans lesquelles nous aimons participer, sans jamais prendre de place. Il n’est pas question pour nous d’influencer les personnes souhaitant raconter leur vie, leurs expériences, leurs souvenirs heureux comme malheureux. Porte-plume c’est avant tout une collaboration entre plusieurs auteurs : les « plumes », évidemment, les biographes, mais aussi tous ceux qui se sentent dépassés par l’écriture de leur propre vie, ceux qui désirent écrire mais qui n’en ont pas les moyens. Si nous leur prêtons notre plume et notre savoir-faire, ils sont, tous ensemble, la voix de Porte-plume, et c’est par cette association que nous avons la fierté d’exister.

 

Porte-parole, prête-plume : Porte-plume

Ainsi, si le « nègre » littéraire est l’un des plus vieux métiers du monde, c’est aussi l’un des plus beaux métiers, à la fois discret et percutant, toujours dans l’ombre mais essentiel, créateur de récits et de nouveaux espoirs. L’histoire retiendra le nom d’Alexandre Dumas, comme il aurait pu retenir celui d’Auguste Maquet, la plume du célèbre écrivain. Mais après tout, l’essentiel n’est-ce pas ce qui reste ? La postérité ne s’intéresse pas tant à la reconnaissance même de celui qui a tenu la plume, mais plutôt de ce que l’œuvre raconte en elle-même. Qu’Homère ait été unique ou pluriel n’a, finalement, plus tellement d’importance. La trace qu’il(s) a laissé l’est davantage, et c’est avant tout cela l’ambition de Porte-plume : se faire le porte-parole, le prête-plume d’une identité, d’une vie qui veut se faire entendre et rester graver dans les mémoires.

C’est donc avec le sourire et toute notre bonne volonté que nous vous prêtons aujourd’hui notre plume pour vous accompagner dans l’écriture de votre biographie. N’hésitez pas à nous contacter pour que nous puissions créer ensemble une voix unique.

 

Bulle