« Faire ma biographie ? Je ne sais pas, ma vie n’a pas été extraordinaire. »

« Ecrire mon histoire ? Vous pensez que ça va vraiment intéresser quelqu’un ? »

Voilà bientôt 9 ans que je dirige les éditions Porte-plume, et j’ai souvent entendu ces premières réticences devant le projet d’écriture d’une biographie.

Il est vrai que ce n’est pas facile de se lancer dans l’aventure, de se dévoiler et d’imaginer des lecteurs de notre livre.

Et pourtant…

Ecrire sa biographie c’est prendre du temps pour soi. Pour marquer une pause et regarder en arrière. Une sorte d’arrêt sur image sur notre vie.

Les temps des entretiens avec le biographe sont des moments agréables où on se plonge dans notre passé et où on confie à quelqu’un notre lecture de notre propre-vie. Des échanges conviviaux, des confidences… De bons moments.

Quand on écrit sa biographie, on écrit un livre pour soi-même avant tout. Pour reprendre le cours de notre histoire, pour analyser certains événements marquants, pour repenser à des moments heureux, pour rendre hommage à nos anciens, pour revivre notre enfance…

Alors peu importe notre vie, qu’on ait connu l’horreur de la guerre ou non, qu’on ait eu une carrière professionnelle ou pas, qu’on ait parcouru le monde ou sauvé la planète, ou pas.

Chaque vie mérite d’être écrite dans un livre, et chacun a le droit prendre le temps de se remémorer son histoire.

 

On me demande souvent quelle est la biographie qui m’a le plus marquée, celle que j’ai préférée ?

Question difficile car chaque livre m’a touchée, chaque parcours de vie m’a intéressée et chacun porte une histoire singulière qu’on a envie de découvrir.

Mais il est vrai qu’une biographie m’a particulièrement émue. Et pourtant c’était l’histoire d’une femme qui n’avait jamais travaillé et qui n’avait connu aucun drame ou aucun évènement hors du commun. Une vie ordinaire diraient certains.

Mais cette femme, Ginette, a connu l’amour et en parlait avec merveille. Elle raconte sa rencontre avec François et leurs premiers rendez-vous. Ils partaient en voiture dans les rues de Tunis en secret de leurs parents et avaient inventé un code entre eux : quand François ouvrait son journal sur le balcon, cela voulait dire « retrouvons-nous en bas ».

Une histoire d’amour. Le livre de Ginette commence ainsi :

« Ce livre est le récit de ma vie. Une vie d’amour : amour filial, marital, maternel… Une vie simple et gaie que je suis heureuse de partager aujourd’hui avec mes enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants ? Ceci est pour moi un héritage, non moins important que celui du patrimoine. C’est l’héritage de nos racines, de notre culture et de notre histoire familiale. »

Cette biographie est formidable. Cette déclaration d’amour est si belle, si émouvante. J’ai eu beaucoup de plaisir à aider à Ginette à écrire son histoire. Et j’imagine le bonheur de sa famille quand ils ont reçu ce livre.

 

Ecrire sa biographie c’est raconter son histoire à ses proches, c’est transmettre ses souvenirs et conserver une mémoire familiale.

C’est un cadeau qu’on fait aux autres finalement.

Alors je crois sincèrement, qu’on ne doit pas se poser la question « est-ce que j’ai quelque chose à dire ? » parce que toute vie parle d’elle-même, et qu’on ne doit pas avoir peur de ne pas intéresser les autres car pour nous tous il est si précieux de connaître l’histoire de son passé, de découvrir ses racines et ses anciens pour savoir qui l’on est.

 

Caroline