Après une biographie, le théâtre

Jeudi dernier, après une belle journée chez Porte-plume éditions où j’ai eu le plaisir de relire et corriger le texte d’une nouvelle biographie, je décide d’aller au théâtre.

Me voilà au petit Théâtre De La Contrescarpe, dans le vieux Paris, pas très loin des bureaux de Porte-plume, le quartier historique des éditeurs.

Je n’avais jamais entendu parler de la pièce que j’allais découvrir, mais j’avais été attirée par le nom plus qu’intriguant : Et pendant ce temps Simone veille !

J’arrive seule devant ce petit théâtre de la rue de Blainville, rue étroite au trottoir minuscule, devant les marches d’un théâtre discret à la mode parisienne. Le charme commence déjà à faire effet. J’ai encore la tête à la biographie que je viens de relire et je me sens comme Edmée, la femme dont je viens de lire l’histoire, légère, élégante et curieuse de tout !

C’est fou comme se plonger dans la lecture des gens me passionne et d’une certaine façon m’influence.

L’on m’emmène ensuite dans la salle, située au sous-sol, après des marches et des marches de moquette rouge et feutrée. Une toute petite salle, aux fauteuils de velours rouge foncé, face à une petite scène surélevée. Un sentiment d’intimité s’en dégage aussitôt : les spectateurs qui sont assis à côté de moi sont heureux d’être là.

 

Ouverture de rideaux

Et puis les lumières déclinent, le spectacle commence sous les applaudissements du public, et Simone entre en scène. À partir de ce moment-là, c’est un condensé de bonne humeur, de jeux de mots, de piques et de traits d’esprits qui fusent sans arrêt pendant une heure et demi. Un vrai beau moment de théâtre qui après la biographie d’Edmée finit en magnifiquement cette journée. Une petite pépite de la scène parisienne, encore trop méconnue.

Mais de quoi parle cette pièce ? C’est l’histoire de trois femmes. Ou plus précisément, de quatre générations de femmes, des années 1950 à aujourd’hui. Spectacle humoristique et parfois musical qui évoque la condition des femmes en France durant ces soixante dernières années, et les combats qu’elles ont menés (qu’elles continuent de mener). Sans parler de l’originalité de la démarche, cette pièce est avant tout une bouffée d’air frais pour le mouvement féministe. En cette période de durcissement de l’opinion, le féminisme effraie, et sa définition s’estompe. Non, le féminisme n’est pas la prise de pouvoir des femmes sur les hommes. Oui, le féminisme est une volonté d’égalité, c’est donc un combat de femmes, certes, mais aujourd’hui, ce combat ne peut se faire sans l’implication des hommes.

Il n’est pas question, dans les différentes rétrospectives qu’illustrent les quatre actrices au cours du spectacle, de dénoncer l’oppression masculine sur le sexe féminin, mais au contraire, de rappeler aux femmes quel est leur véritable combat, et que cette lutte ne peut être menée à bien sans l’engagement des hommes. C’est avec le point levé, mais un sourire bienveillant aux lèvres que les actrices clament « Ni pute, ni soumise », sous les applaudissements du public (mixte).

Transmettre des valeurs et des combats

 Or cette belle leçon de féminisme prend tout son sens lorsqu’on s’intéresse à la construction même de la pièce. Si le message est si percutant, et si efficace, c’est avant tout parce que les actrices endossent le costume de quatre personnages différents dans un temps limité. Des trois amies des années 1950, aux trois jeunes copines de 2017 en passant par les hippies des années 1970, les visages se ressemblent, se veulent identiques, et marquent ainsi l’histoire de trois générations de mères et de filles qui continuent de se battre pour ce qu’elles veulent, pour ce qu’elles sont.

Ainsi, en plus du message féministe qui se dégage du spectacle, c’est aussi une volonté de mémoire, de transmettre les souvenirs, les espoirs et les combats d’une vie. Cela me rappelle à nouveau les biographies que nous écrivons chez Porte-plume : des livres pour transmettre des histoires de vie, des souvenirs, des mémoires et pourquoi pas des combats. Ici, ce sont ces mères des années 1950 qui manifestent dans la rue pour que leurs filles aient le droit à la contraception ; ce sont ces filles, vingt ans plus tard, qui manifestent pour le droit à l’IVG, en souvenir de leurs mères, pour que leur engagement n’ait pas été vain, mais aussi pour leurs propres filles, qui, dans les années 1990, pourront parler librement de leur sexualité.

Et tout cela n’aurait pas été possible sans cette transmission de mémoire, d’engagement, sans avoir partagé les souvenirs de jeunesse entre les différentes générations. C’est par cette transmission que les filles de 2017, les jeunes femmes d’aujourd’hui peuvent se rappeler avec fierté du combat mené par leurs grand-mères, et leurs arrières grand-mères, pour cette libération dont elles sont tributaires aujourd’hui, mais également défenseuses pour les générations à venir.

 

Conserver la mémoire familiale

 Cette pièce nous rappelle donc à quel point la mémoire, et notamment la mémoire familiale est importante. Savoir d’où nous venons, pourquoi nous sommes là, pourquoi encore nous devons nous sentir concernées. C’est une histoire aux multiples facettes, aux implications complexes et à la beauté toute particulière. Cela nous rappelle que faire le lien entre les générations est un beau projet, une idée à défendre et à développer. Et, c’est ce à quoi s’emploie Porte-plume quand nous choisissons d’être l’éditeur de biographies familiales, où l’histoire particulière d’une personne éclaire celle de ses enfants, de ses petits-enfants, et qui sait par la suite, celle de ses petits petits-enfants ?

Alors n’hésitez plus à faire la lumière sur l’histoire de votre famille, réunissez les générations en écrivant votre histoire, nous serons ravies de vous aider.

Pour nous contacter : contact@porteplume.fr

Et surtout, allez voir cette pièce, car n’oubliez pas que Pendant ce temps Simone veille !