Questions posées à Alexis Bernaud, auteur Porte-plume.

Comment avez-vous décidé de devenir l’un des auteurs de Porte-plume ?

Quand je travaillais pour le service de communication de l’armée, j’ai réalisé un reportage sur les 60 ans du débarquement. Pendant mes interviews, j’ai immédiatement été fasciné par la richesse de ce que les anciens avaient à raconter. J’étais frustré que mon travail soit balisé : j’aurais voulu laisser ces hommes révéler librement leur vécu, en prenant le temps de dérouler la pelote de laine de leur vie. Les écouter donne le sentiment d’accoster sur une terre inconnue et de s’y perdre avant de découvrir ses pépites. En travaillant chez Porte-plume, j’ai accédé à cette envie. La transmission de la mémoire est l’affaire de tous : elle permet aussi bien de mieux connaître ses racines que d’apprendre l’histoire avec un petit h.

Quel est l’avantage de raconter ses souvenirs à un tiers ?

Si chacun garde en mémoire des anecdotes qu’il raconte systématiquement à ses proches, il est plus difficile de retrouver certains épisodes pourtant tout aussi fondamentaux dans une existence. En interrogeant celui qui souhaite écrire son histoire, j’accompagne le biographié, pour l’aider à dépasser le premier rideau de ses souvenirs. Ensemble, nous trouvons ce qui se cache en filigrane dans son récit. Etranger à l’histoire, je pose des questions inédites qui entraînent des réponses nouvelles. Et en parlant avec un inconnu, le biographié n’a pas peur d’être jugé, il se livre plus facilement.

En quoi l’écrivain est-il utile au biographié ?

En mettant ma plume au service des autres, je rédige pour eux le récit de leur vie, démarche difficile pour celui qui n’a jamais écrit. Etre épaulé par un professionnel de l’écrit aide à construire son récit, en lui donnant une cohérence. Il est plus facile pour un auteur d’unifier le patchwork, d’apporter la trame pour transformer des souvenirs épars en une véritable histoire.